Chez certains enfants, le TDAH peut être associé à des difficultés urinaires ou intestinales : pipi au lit, envies pressantes, constipation ou encoprésie.
Cette association est observée par la recherche, mais cela ne signifie pas que le TDAH en est directement la cause. Plusieurs mécanismes peuvent se combiner et varier d’un enfant à l’autre.
Des mécanismes qui peuvent se croiser
Le contrôle de la vessie et des intestins mobilise notamment la perception des sensations corporelles, l’attention, l’inhibition et la capacité à interrompre une activité.
Certaines de ces fonctions reposent sur des réseaux cérébraux également impliqués dans le TDAH. Leur développement et leur coordination peuvent suivre un rythme différent selon les enfants, sans que l’on puisse pour autant parler exactement des « mêmes circuits cérébraux ».
La dopamine et la noradrénaline, souvent évoquées dans le fonctionnement du TDAH, participent aussi à de nombreux mécanismes de régulation dans l’organisme. Elles constituent une piste de recherche intéressante, mais ne suffisent pas, à elles seules, à expliquer l’énurésie ou l’encoprésie.
Quand l’attention passe avant les signaux du corps
Absorbé par une activité, l’enfant peut percevoir tardivement son besoin, repousser le moment d’aller aux toilettes ou avoir du mal à interrompre ce qu’il fait.
Les difficultés d’attention, d’inhibition et d’organisation peuvent ainsi compliquer :
- l’identification rapide des signaux corporels ;
- l’anticipation du besoin ;
- le respect d’horaires réguliers ;
- l’installation d’une routine ;
- le passage d’une activité aux toilettes.
Ce n’est donc pas nécessairement un manque de volonté ou du laisser-aller.
Le sommeil peut également intervenir
Dans l’énurésie nocturne, certains enfants se réveillent difficilement lorsque leur vessie est pleine. Les mécanismes d’éveil jouent donc un rôle possible.
Il serait toutefois trop simple d’affirmer que les enfants présentant un TDAH ont systématiquement un « sommeil plus profond ». La qualité du sommeil, les difficultés d’éveil, la production d’urine pendant la nuit et le fonctionnement de la vessie peuvent interagir de différentes manières.
Une possible composante familiale
Le TDAH comme l’énurésie peuvent se retrouver chez plusieurs membres d’une même famille. Les chercheurs étudient donc l’existence de facteurs génétiques ou développementaux susceptibles de favoriser leur association.
À ce jour, il est plus juste de parler d’une piste possible que d’une vulnérabilité génétique commune clairement démontrée.
Comprendre avant de punir
Ces accidents ne sont pas forcément des « bêtises », de la paresse ou de l’opposition. Punir ou humilier l’enfant risque surtout d’augmenter sa honte, son stress et les tensions familiales.
Une approche plus utile consiste à accueillir la difficulté sans culpabiliser, observer le transit et le sommeil, installer des repères simples et consulter un professionnel de santé.
L’énurésie, l’encoprésie ou la constipation persistante nécessitent l’avis d’un médecin ou d’un pédiatre afin d’en rechercher les différentes causes. Un accompagnement complémentaire peut aider l’enfant à mieux reconnaître ses sensations, gérer son stress et construire des routines, mais il ne remplace pas l’évaluation médicale.
